Guillaume Jedrzejczak, Omelia per la 27.a domenica del T.O.

Guillaume Jedrzejczak, Omelia per la 27.a domenica del T.O.

Gen 2, 18-24 ; Heb 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16.

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Depuis les origines de la création, comme nous le rappelait la première lecture tirée du livre de la Genèse, l’être humain est ordonné au mystère de l’autre. Il ne peut se suffire à lui-même, il ne peut vivre replié sur ses propres intérêts. Dieu nous a créés avec un manque, une blessure, qui nous oblige à sortir de nous-mêmes, qui nous pousse à nous mettre en recherche, en quête de l’autre. « Il n’est pas bon que l’homme soit seul », nous dit l’Ecriture. Et la réaction virulente de Jésus en face aux questions spécieuses des pharisiens, et à l’attitude de ses disciples, qui repoussaient les petits enfants, s’enracine bien dans ce mystère de l’autre.

La femme, le mari, en effet, ne sont pas une marchandise, dont on pourrait se débarrasser, ou que l’on pourrait échanger ou mettre au rebut, quand ils ne conviennent plus. Et nous pourrions dire la même chose d’une communauté religieuse. Ils demeurent la trace du mystère invisible de l’autre. L’enfant, qui n’est pas encore né ou qui est trop petit pour comprendre et participer, ou la personne qui nous gêne, n’en demeurent pas moins le visage de cet insondable mystère de l’autre qui vient déranger notre vie. Mais Dieu n’est-Il pas également Lui-même ainsi ? N’est-Il pas Celui qui vient toujours bousculer le bel agencement de nos projets, bouleverser et même parfois réduire à néant les projets soigneusement préparés ?

La fidélité du mariage, de la consécration religieuse, que sont-elles donc, sinon l’irruption du mystère de l’autre dans cet univers que nous avions l’illusion de maîtriser, d’arranger selon nos désirs propres ? Ce mystère de l’autre, nous le ressentons au début, la plupart du temps, comme une joie, une découverte, une immense bouffée d’air spirituelle. Cependant, un jour ou l’autre, lorsqu’il vient contrarier nos aspirations, nos désirs, lorsqu’il finit par limiter et réduire le champ de notre existence, il devient une véritable blessure, une épreuve écrasante qui peut se transformer en tentation.

C’est qu’il n’est pas facile, comme le rappelait le passage de l’Epître aux Hébreux, que nous avons entendu en seconde lecture, d’accueillir les limites qu’il nous impose. Et, pour chacun d’entre nous, que nous soyons religieux ou laïc, vient un jour, qui peut parfois durer de longues années, où le mystère de l’autre se transforme en contrariété, en agressivité, en souffrance, et parfois même en haine de l’ennemi.

Jésus, Lui, a vécu ce mystère jusqu’au bout et l’a mené à sa perfection. Il a été fidèle, jusqu’au bout, comme aucun de nous ne peut l’être. Sans un mot, sans un cri, il s’est abaissé, il l’a pris sur lui, pour nous ouvrir un nouveau chemin de liberté. Un chemin de libération qui passe par l’amour véritable.

Frères et sœurs, ce mystère de l’amour, nous ne pouvons le comprendre tout à fait. Il échappe à nos catégories, et même à nos possibilités. Il ne nous est possible d’en vivre que si nous nous laissons entraîner par Jésus, là où nous n’aurions pas choisi d’aller. Il suppose toujours, osons le dire, même si nous avons du mal à l’entendre, une certaine souffrance. Car nous ne sommes pas prêts, et nous ne le serons jamais, à accepter vraiment, pleinement, entièrement, ce mystère de l’autre dans nos vies, cette déchirure par laquelle se révèle le mystère insondable de Dieu Lui-même!

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